LES VIPÉRINES
Une floraison bleue au cœur des terrains sauvages
La Vipérine commune (Echium vulgare) appartient à la famille des Boraginacées,
comme la Bourrache, la Pulmonaire ou le Myosotis.
C’est une plante bisannuelle, parfois présente sous forme de rosette pendant une première année avant de développer,
l’année suivante, une longue tige florale pouvant atteindre près d’un mètre.
Sa tige dressée est couverte de poils raides qui lui donnent un aspect un peu rude.
Les feuilles, étroites et lancéolées, sont également hérissées de petits poils.
Cette apparence rugueuse contraste joliment avec la délicatesse de ses fleurs.
La floraison s'étale généralement de la fin du printemps jusqu'à l'été.
Les fleurs, regroupées en épis allongés, présentent une curieuse particularité :
elles peuvent changer de couleur au cours de leur développement.
D'abord rosées ou violacées lorsqu'elles commencent à s'ouvrir,
elles deviennent progressivement d'un bleu plus intense après la pollinisation.
Chaque fleur possède une corolle en forme de tube, terminée par cinq lobes inégaux.
Les étamines, souvent bien visibles, dépassent de la corolle et donnent à l'inflorescence son aspect léger et animé.
Une plante des lieux pauvres et ensoleillés
La Vipérine apprécie particulièrement les endroits secs, pierreux et bien exposés au soleil.
On la rencontre sur les talus, les éboulis, les friches, les prairies sèches et au bord des chemins.
Dans le Mercantour, elle trouve naturellement sa place dans ces milieux où la roche affleure
et où la végétation doit s'accommoder d'un sol souvent pauvre et de longues périodes de sécheresse.
Son système racinaire lui permet de rechercher profondément l'eau et contribue à sa bonne résistance aux conditions difficiles. C'est une plante qui ne semble guère demander la permission pour s'installer :
une fissure dans la roche, un talus abandonné ou quelques mètres carrés de terrain sec peuvent lui suffire.
Une véritable invitation pour les insectes
La floraison de la Vipérine constitue une source de nourriture appréciée de nombreux insectes.
Les abeilles, les bourdons et divers autres pollinisateurs visitent abondamment ses fleurs pour y rechercher le nectar et le pollen.
La succession des fleurs le long de la hampe permet à la plante d'offrir ses ressources durant une période assez longue.
Dans le silence apparent d'un versant ensoleillé,
ses épis bleus peuvent ainsi devenir un véritable petit monde bourdonnant de vie.
Une silhouette qui ne laisse pas indifférent
La Vipérine n'a pas la fragilité apparente d'une Gentiane ou d'une Soldanelle.
Elle possède quelque chose de plus sauvage, presque indompté.
Sa tige hérissée, ses feuilles rugueuses et ses épis de fleurs dressés lui donnent une personnalité bien particulière.
Et pourtant, lorsque le bleu apparaît au sommet de ses tiges, la rudesse de la plante semble soudain s'effacer.
Sur les pentes pierreuses du Mercantour, elle offre alors au regard cette couleur bleue si précieuse en montagne.
Une floraison simple, sans prétention, mais qui sait retenir le regard du promeneur et du photographe.
Peut-être est-ce cela, finalement, le charme de la Vipérine :
une beauté qui ne cherche pas à être délicate, mais qui le devient naturellement sous la lumière de la montagne. |